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Affaire Alain Lamare

L’affaire Alain Lamare, également appelée l’affaire du « Gendarme tueur » ou du « tueur de l’Oise » est assez particulière en raison de la culpabilité du gendarme Alain Lamare. Ce dernier, faisant partie de l’unité de gendarmerie chargé d’enquêter sur l’affaire, a permis par sa participation de ralentir celle-ci et de semer l’angoisse et la terreur dans l’Oise, le coupable n’ayant été identifié que tard.

Cette affaire a été très médiatisée à l’époque et fait encore parler d’elle aujourd’hui, notamment dû au fait que le meurtrier a été reconnu irresponsable de ses actes et par conséquent, non jugé.


L’ordonnance de non-lieu sera prononcée par le tribunal de Senlis.

Les faits

Une nuit de mai 1978, les gendarmes du PSIG (Peloton de Surveillance et d’Intervention) en patrouille dans la forêt de Chambigny font une étrange découverte. Une 504 abandonnée, cassée et brisée par des coups de feu est retrouvée à un carrefour. Les gendarmes craignent une affaire de banditisme, ils informent alors l’antenne de police judiciaire de Creil chargée de ce type d’enquête à l’époque. Des cordages, des mégots, une seringue ayant contenu un produit, un mouchoir tâché de sang et des douilles de carabine de 9 mm sont retrouvés dans la voiture. Tout ceci intrigue les gendarmes et policiers qui se sont retrouvés autour du lieu de l’incident. De plus, à quelques mètres de la voiture, un plan établi à la main de la poste de la ville voisine est retrouvé, plan laissant envisager un préparatif de braquage de cette poste. La voiture s’avère avoir été volée quelques jours plutôt suite à une imprudence du propriétaire qui avait laissé les clés sur le contact.

Deux mois plus tard, un autre évènement survient à Pont-Sainte-Marie, au premier abord sans lien avec l’affaire précédente. Une jeune fille de 17 ans est agressée vers minuit, un individu à bord d’un véhicule volé quelques jours plus tôt à un propriétaire imprudent qui avait laissé les clés sur le contact tire à trois reprises sur celle-ci et s’enfuit. La victime a simplement eu le temps de voir un visage dans l’encadrement de la vitre.

Aucun rapport n’est fait entre les deux affaires, le vol de voiture avec clé sur le contact étant assez fréquent à cette époque.

Quelques jours après l’agression de la jeune fille, un véhicule piégé est retrouvé à Creil, véhicule là encore volé un mois et demi plus tôt, blessant un agent de police. Les trois affaires ayant lieu en quelques semaines dans l’Oise, les gendarmes et policiers commencent à se demander s’il n’existe pas un lien entre celles-ci. Une lettre anonyme revendiquant l’attaque de la voiture piégée et l’agression de la jeune fille est reçue au commissariat de Creil. La lettre prévient également que l’auteur anonyme va recommencer en précisant ses obsessions. Il déclare qu’« une fille de 17 ans qui déambule provoquemment la nuit est une cible que j’affectionne particulièrement. Karine (la victime) me connaît, mais elle ne saura jamais faire le rapprochement. La fois prochaine je viserais le cœur et pas les jambes ». Il affirme également « Je vais tuer des policiers, j’ai ce qu’il faut, je vais aussi tuer d’autres filles en leur faisant éclater la tête, elles mourront plus sûrement. Si j’arrive à conserver le corps d’une fille, je le découperait et sèmerait les morceaux dans les villes. »

Les actes de cet individu vont s’aggraver, deux nouvelles agressions de femmes vont être réalisées, l’une blessée grièvement et l’autre paralysée. En novembre 1978, le braquage de la poste de Senarpont à lieu et une voiture volée est de nouveau piégée. Une jeune auto-stoppeuse de 19 ans, Yolande Raszewski va être assassinée en décembre 1978 de plusieurs balles dans le corps.

La procédure

Fin décembre 1978, l’individu tire sur une nouvelle auto-stoppeuse. Sortie du coma quelques jours après avoir échappée à son meurtre, elle dresse un portrait robot de son agresseur.
L’homme laisse de nombreux indices et empruntes et plusieurs portrait-robot sont dressés, pourtant, il continue d’échapper aux autorités. C’est alors que Jean Pineau, commandant de la compagnie de Clermont, émet la possibilité que le tueur appartienne aux forces de l’ordre, la lettre anonyme reçue ayant la rédaction d’un procès-verbal.
Un individu va se retrouver au contact des CRS (Compagnies Républicaines de Sécurité) suite au vol de la voiture d’un ancien ministre, le portrait-robot du coupable commence alors à se préciser.
En avril 1979, les soupçons de l’inspecteur de la police judiciaire de Creil, Daniel Neveu, se porte sur Alain Lamare. En effet, il constate que l’analyse graphologique montre des similitudes entre l’écriture des courriers anonymes et celle des procès-verbaux dressés par Lamare. Surtout, l’inspecteur constate que le gendarme est systématiquement en repos ou congé les jours des meurtres et vols de voitures. Le capitaine Jean Pineau, commandant de la compagnie de gendarmerie de Clermont et l’adjudant Henri Cavalier, commandant de la brigade et du PSIG, rappelle Alain Lamare dans les locaux de la gendarmerie dans le cadre d’une enquête sur un vol commis. Ce prétexte, inventé de toute pièce par les deux hommes, va permettre l’arrestation du gendarme sans que celui-ci ne se doute du piège.
Il a notamment été confondu par ses empreintes digitales relevées dans les véhicules volés et finit par avouer ses crimes en garde à vue. La perquisition de son appartement confirmera les faits décrits par les preuves récoltées sur place.

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Solution retenue par le ou les jugement(s):

Il est établi qu’Alain Lamare est responsable d’un meurtre et cinq tentatives de meurtres sur des jeunes femmes, pour la plupart auto-stoppeuses au moment des faits. Il est également coupable du vol de quinze véhicules. Il sera pour autant déclaré pénalement irresponsable de ses actes, les experts psychiatres affirmant qu’il est atteint d’une maladie mentale rare nommée l’héboïdophrénie, qui est un trouble mental sévère et chronique faisant partie des expressions psychopathiques. En janvier 1983, le magistrat instructeur du tribunal de Senlis officialise cette irresponsabilité pénale en rendant une ordonnance de non-lieu (donc l’abandon de l’action judiciaire), Alain Lamare ne sera jamais jugé pour ses infractions commises.
En août 1979, une décision ministérielle le radie de l’état de militaire pour « infirmités non imputables au service ». Il sera interné dans une unité pour malades difficiles dans un centre hospitalier spécialisé (CHS).
Enfin, un arrêt du Conseil d’État du 18 novembre 1988 condamne l’État français à verser des dommages-intérêts aux parents de Yolande Raszewski, la jeune femme assassinée par Alain Lamare, en raison du fait que ses actes n’étaient pas dépourvus de tout lien avec le service de la gendarmerie, la poursuite de ses derniers ayant été permis par son implication dans l’enquête.

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Impact médiatique

Cette affaire ayant été un choc pour la population française en raison de la
culpabilité d’un gendarme, elle a connu un fort retentissement médiatique. En effet, elle révolte et stupéfie en raison de sa cruauté. Elle fera l’objet de nombreux documentaires et adaptations cinématographiques, la plus célèbre étant celle du film La prochaine fois, je viserai le cœur paru en 2014.

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