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Métier d'avocat

Interview professionnel de Maître Henri Huet

Quelle est votre profession et en quoi consiste-t-elle?

Quel parcours avez-vous réalisé pour y parvenir?

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Je suis avocat et cela consiste à aider les gens ! Plus spécifiquement, je suis avocat en droit fiscal et droit des sociétés à 80 % ainsi qu’en droit pénal à 20 %. Mon métier consiste donc à défendre des personnes, qu’elles soient victimes ou délinquantes au titre du droit pénal. Lorsque je fais du droit fiscal il s’agit plutôt de conseiller les contribuables, personnes physiques ou personnes morales. Enfin, dans le cadre du droit des sociétés, il s’agit d’aider par le conseil, la restructuration des sociétés et tout ce qui est « corporate ».

J’ai effectué une licence de droit général à Orléans pour ensuite faire un M1 « carrière judiciaire » en droit privé, toujours à Orléans. J’ai refait un M1 en droit des affaires pour me spécialiser dans ce domaine (à Dijon) qui me plaisait vraiment et un M2 de droit fiscal à la fin duquel j’ai passé l’examen d’entrée à l’école des avocats. J’ai donc fait 6 mois à l’école des avocats de Strasbourg pour ensuite faire un stage PPI (qui consiste à faire un stage ailleurs que dans un cabinet d’avocats) et un stage en cabinet d’avocats ; et je suis devenu avocat. En réalité l’école dure 1 an et demi, puisqu’il y a 6 mois d’école, 6 mois stage PPI et 6 mois de stage en cabinet d’avocats mais en réalité on ne voit l’école que les 6 premiers mois et pour passer les examens.

Avez-vous commencé en intégrant un cabinet ou en créant votre propre cabinet?

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Quand j’ai commencé, j’ai intégré un cabinet à Paris dans lequel je suis resté 6-8 mois pour en intégrer un deuxième, toujours à Paris. J’ai quitté Paris pour pleins de raisons et je suis arrivé dans le cabinet d’Orléans dans lequel je suis actuellement, je n’ai donc pas mon propre cabinet, je suis associé.

Pourquoi avoir choisi de faire ce métier et quels sont les "avantages" et "inconvénients" selon vous?

J’ai choisi droit par la force des choses, à la sortie du bac je voulais faire musicologie, mes parents m’ont plutôt incité à faire une année sérieuse qui me permettrait de devenir plus mature.
J’ai donc fait une année de droit à la fin de laquelle j’ai fait un stage dans un cabinet d’avocat où l’avocat qui m’a reçu m’a donné envie de faire ce métier. J’ai donc continué.
Il y a des avantages et des inconvénients mais ça reste une belle profession.
Les avantages sont l’indépendance, la richesse intellectuelle du travail, il faut toujours rechercher, s’adapter. C’est aussi pouvoir aider des personnes pour le droit pénal mais aussi en droit des sociétés et fiscal, même si on n’y pense pas forcément.
Les inconvénients sont surtout les horaires, on est son propre patron mais il faut chercher des clients donc communiquer comme un vrai chef d’entreprise ; ceci, il faut l’avoir à l’esprit quand on débute dans le milieu d’avocat, ce n’est pas parce qu’on met notre plaque qu’on a pleins de clients, contrairement à d’autres métiers. A mon sens ce n’est pas réellement un inconvénient puisque j’aime cette partie commerciale mais il faut tout de même l’avoir à l’esprit. Ça demande donc beaucoup de travail au niveau du droit mais aussi au niveau de la communication.
Ensuite il y a beaucoup de stress dans la profession, surtout ceux qui font du judiciaire. Le stress des délais, le stress des autres avocats (on a beau être un ordre on reste des rivaux) et le stress des plaidoiries, de savoir si on est capable de rédiger. Surtout lorsqu’on est jeune avocat, c’est ce qu’on appelle la théorie de l’imposteur où on a l’impression, comparé aux grands avocats connus, d’arriver dans un milieu où on est un peu un imposteur.

Existe-t-il une journée "type"?

Il existe une journée « type » dans le sens où on arrive le matin, on traite nos mails en étant en contact avec des clients qui appellent régulièrement, il y a des urgences, des mails qu’on n’avait pas prévu de traiter tout de suite ou des audiences. On est principalement devant notre ordinateur à rédiger et faire des recherches.
Mais cela dépend du domaine dans lequel on travaille et aussi des cabinets, il n’existe pas de journée type identique à tous les avocats. Certains passeront plus de temps en audience que dans leur bureau à faire des recherches et inversement.

Quelles sont pour vous les qualités requises pour être avocat?

Pour moi, il faut savoir s’adapter, aimer rechercher et être acharné pour répondre aux conclusions adverses, à l’administration fiscale, au Procureur de la République. Il faut être acharné dans le sens où il faut toujours faire des recherches et persévérer quand on ne trouve pas immédiatement la réponse souhaitée.

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Et quels conseils pourriez-vous donner pour évoluer dans ce métier?

Je ne suis qu’au début de cette belle profession alors donner des conseils pour évoluer c’est un peu plus compliqué mais je pense que le principal conseil est de continuer à faire des recherches. J’en parle beaucoup mais c’est primordial. J’ai remarqué que plus les avocats étaient « vieillissants », plus ils se reposaient sur leurs acquis. Alors que le droit évolue toujours, il faut par conséquent faire des recherches pour se renseigner pour être au courant de la dernière jurisprudence, du dernier article etc.

Être curieux donc, un avocat doit être curieux et acharné selon moi.


Il faut aussi avoir conscience de la dureté du métier, c’est dur d’être jeune avocat, notamment avec le syndrome de l’imposteur que j’évoquais tout à l’heure. Mais aussi éviter les désillusions (j’ai vécu des déceptions parfois avec des expériences déplaisantes entre avocats) que l’on a quand on souhaite être avocat. On a souvent tous les clichés des avocats avec les points de vue des séries. Par exemple avec les séries comme SUITS où tous les avocats sont fortunés et peu occupés, tout est simple pour eux, ça ne reflète pas la réalité. Pour moi, il existe « deux types » d’exercice de la profession d’avocat, l’exercice à Paris et l’exercice en Province, il y a une vraie différence. A Paris, c’est un système plutôt pyramidal avec une hiérarchie où parfois le junior ne parle jamais à l’associé et où les personnes ne travaillent pas forcément ensemble et sur l’intégralité du dossier en cours. Un avocat jeune collaborateur sera cantonné à de la recherche et à de la rédaction de notes, sans comprendre les tenants et aboutissants de ses recherches et du conseil qui sera donné grâce aux recherches qu’il aura effectué, grâce à la note qu’il aura rédigé.

En Province, à Orléans par exemple, un avocat jeune collaborateur traite un dossier du début à la fin, en rencontrant le client et en n’étant pas caché au fond d’un couloir. L’associé reste à soutien, ou parfois prend le « lead », mais le collaborateur n’est pas écarté du dossier et le traite jusqu’à son terme.

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