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Affaire Alfred Drefus

L’affaire Dreyfus est une des affaires d’État les plus connues

et médiatisées en France. Elle est devenue un conflit politique et même social de la IIIe République, en effet cette histoire a fortement divisé la France, entraînant des prises à partie d’Hommes célèbres tels qu’Émile Zola ; qui publiera, dans une édition du journal l’Aurore, une lettre intitulée « J’Accuse… ! » adressé au Président

de la République Félix Faure. Cette affaire tourne autour de l’accusation de trahison du capitaine Alfred Dreyfus, opposant les français « dreyfusards », partisans de l’innocence de ce dernier, aux « antidreyfusards », partisans de sa culpabilité.

Cette grande affaire dura douze ans, de 1894 à 1906, date à laquelle Dreyfus a été innocenté.

Le jugement de cette affaire a relevé du Conseil de guerre de la prison du Cherche-Midi de Paris et du Conseil de guerre de la Xe région militaire de Rennes pour l’appel. Enfin, la Cour de cassation rendra le dernier arrêt clôturant l’affaire.

Les faits

Le personnel du Service de Renseignement militaire découvre en septembre 1894 une lettre, surnommée « le bordereau », déchirée en six morceaux non signée et non datée et adressée à un attaché militaire allemand. Cette lettre établissait que des documents militaires confidentiels étaient sur le point d’être transmis à une puissance étrangère. Le chef de la « Section de statistiques » va alors informer le ministre de la Guerre car il soupçonne des fuites et recherche leur auteur. Le cercle de recherche va être très restreint, de manière grossière pour suspecter un actif ou ancien collaborateur à l’état-major et artilleur puisque les documents transmis concernaient pour la plupart l’artillerie. Le coupable idéal est alors trouvé, le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et artilleur en insistant sur ses origines alsacienne et sa religion juive, permettant une culture germanique importante qui amènerait la sympathie avec l’ennemi allemand.
Le capitaine est alors accusé d’avoir livré aux allemands des documents secrets. Il est condamné au bagne à perpétuité pour trahison. Il sera déporté sur l’île du Diable, en Guyane. Les espionnages en question resteront assez obscures jusqu’à nos jours.
A cette période, l’affaire ne suscite pas un grand intérêt dans l’opinion française, la grande majorité de la population est plutôt défavorable au capitaine. L’affaire Dreyfus se place dans le cadre de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle, les militaires exigent des moyens considérables pour préparer le prochain conflit qui semble arriver. Au début de l’année 1894, la Section de statistiques enquête sur un trafic de plans directeurs concernant notamment la Meuse, mené par un agent surnommé Dubois par les allemands et les italiens ; ce qui va déclencher l’affaire. Le renseignement, les activités organisées et les outils de guerre secrètes sont une nouveauté pour le XIXe siècle, ce qui explique certainement la réticence de la population à se montrer « pour » Dreyfus, accusé et condamné d’espionnage. De plus, l’antisémitisme se développe de manière virulente, ce qui ne plaide pas en faveur de l’accusé, d’origine juive.

La procédure

Ce qui est frappant à l’époque est l’enquête préliminaire très sommaire réalisée afin de condamner le capitaine Dreyfus. En effet, des expertises en écriture sont réalisées pour confondre ce dernier alors même que personne n’est compétent en matière d’analyse d’écritures à l’état-major. Le commandant Armand du Paty de Clam, a qui est confiée l’enquête préliminaire, conclura que, bien qu’il existe quelques dissemblances entre l’écriture du capitaine et celle de la lettre, les ressemblances sont suffisantes pour justifier l’enquête ouverte à l’encontre de « l’auteur probable ».

Sans aucune preuve tangible, le général Mercier, ministre de la guerre, convoque Dreyfus pour une inspection générale, l’objectif étant d’obtenir un aveu de ce dernier. Cet aveu n’étant pas donné par Dreyfus, le général ira jusqu’à l’inciter au suicide pour finalement l’arrêter le 15 octobre 1894 pour intelligence avec l’ennemi. Il sera envoyé en novembre de la même année devant le premier Conseil de guerre qui se tiendra en huit clos; à l’unanimité des sept juges, le capitaine Alfred Dreyfus est condamné pour intelligence avec une puissance étrangère à la peine maximale applicable ne vertu de l’article 76 du Code pénal en vigueur à l’époque. Il sera déporté dans une enceinte fortifiée donc au bagne et se verra destituer de son grade. Il est important de rappeler que Dreyfus n’a pas été condamné à la peine de mort, celle-ci ayant été abolie une première fois en 1848.

La famille du condamné, persuadée de l’incohérence de cette condamnation, tente de prouver son innocence. De plus, en mars 1896, le colonel Georges Picquart, cher du contre-espionnage, constate que le vrai traître est le commandant Ferndinant Walsin Esterhazy. Pourtant, l’état-major refuse catégoriquement de revenir sur le jugement rendu contre le colonel Dreyfus. La famille Dreyfus porte plainte auprès du ministère de la Guerre contre Walsin Esterhazy et contacte Georges Clemenceau, journaliste à l’époque, afin de faire valoir l’innocence du colonel. Le cercle des « dreyfusards », à ne pas confondre avec les « dreyfusistes » et les « dreyfusiens » (apparus qu’en 1898 et qui réfléchissent au-delà de l’affaire), s’élargit considérablement.

Cependant, Esterhazy va être acquitté entraînant la publication de « J’Accuse » par Émile Zola, qui va réellement faire députer l’engouement autour de cette affaire, cette lettre ayant pour effet de rallier de nombreux intellectuels à la cause de Dreyfus. Malgré le fait que l’armée tente d’étouffer l’affaire, le premier jugement condamnant Dreyfus est cassé par la Cour de cassation au terme de plusieurs enquêtes approfondies.

Cependant, Dreyfus sera de nouveau condamné lors du conseil de guerre à Rennes en 1899, cette fois-ci à 10 ans de détention avec circonstances atténuantes. La presse nationaliste, alors au courant de la découverte du vrai coupable, lance une violente campagne dans le but d’innocenter Dreyfus. Cependant, le monde politique ne reconnaît pas l’affaire et Jules Méline, homme d’État, déclarera lors d’une séance de l’Assemblée Nationale qu’« il n’y a pas d’affaire Dreyfus. Il n’y a pas en ce moment et il ne peut pas y avoir d’affaire Dreyfus ».

Le procès du commandant Esterhazy aura finalement lieu, mais cet homme, bien que manifestement coupable, sera acquitté car ne constitue pas un coupable idéal comme l’est Dreyfus. C’est suite à la publication dans le journal l’Aurore le 13 janvier 1898 de « J’accuse... » par Zola que l’affaire va prendre une nouvelle dimension. L’État n’est plus dans la possibilité de masquer l’affaire, le général Billot, ministre de la Guerre au moment des faits, porte plainte contre Émile Zola pour injure publique, ce qui aboutira à un procès condamnant Zola à un an de prison et à 3 000 francs d’amende, peine maximale à l’époque.

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Solution retenue par le ou les jugement(s):

Suite à de nombreux rebondissements et voulant éviter un troisième procès, le Gouvernement décide de gracier Dreyfus par un décret signé en septembre 1899 par le président de l’époque, Émile Loubet. Cependant, la lutte est encore longue pour les dreyfusards, Dreyfus n’étant pas pour autant innocenté.
Jean Jaurès relancera l’affaire en avril 1903 après sa réélection en insistant sur toutes les incohérences du dossier. Cela aboutira à la rédaction d’un rapport par le Procureur général Baudouin réclamant la cassation sans renvoi et la réhabilitation du capitaine dans les rangs de l’armée.
Le capitaine Alfred Dreyfus sera définitivement innocenté et réhabilité par un arrêt de la Cour de cassation en 1906.

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Impact médiatique

Cette affaire est très importante en France car très « médiatisée » à l’époque par le rôle de la presse et de l’opinion publique, elle révèle notamment les grandes erreurs judiciaires de la IIIe République et le grand interventionnisme de l’Armée dans l’État. Elle est de nos jours considérée comme le symbole moderne et universel de l’iniquité et possède encore des conséquences importantes dans la vie publique française.

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